Allaitement

Vous avez de la chance, vous !

Avoir la chance de pouvoir allaiter ?

Vous avez déjà rencontré ces gens qui vous posent une question et qui juste après votre réponse positive et enthousiaste vous livrent un sourire forcé et vous regardent avec toute la tristesse du monde :

« Ah ! vous avez de la chance vous. C’est bien. Mais c’est pas donné à tout le monde… »

Déconnexion totale entre la communication verbale et non-verbale… Vous sentez la personne se prendre en pleine face sa problématique, son passé, sa culpabilité ou je ne sais quoi encore, mais quelque chose s’est passé ! ça aurait été plus facile pour elle que votre réponse soit moins enthousiaste.

Vous pouvez dupliquer la réponse aux thèmes suivants (liste non exhaustive !) : santé, travail, amour, vacances… grossesse, accouchement et allaitement !!!

Combien de fois ai-je entendu : « vous avez de la chance d’allaiter, moi :

a) je n’avais pas assez de lait,

b) mon lait n’était pas bon, 

c) mes seins sont trop petits, 

d) mes bouts de sein ne sont pas sortis,

e)…  » (au choix).

Mais si on veut bien aller un peu plus loin dans la réflexion, en dehors de quelques cas médicaux extrêmement rares, il y a je crois 2 grandes raisons de ne pas allaiter/d’arrêter d’allaiter.

Cas n° 1 : Je n’ai pas/plus envie. 

Pas facile de (se) le dire comme ça, alors trouver une bonne excuse, c’est toujours mieux. Pourtant, rien de grave à cela. Chacune fait ses choix (pour autant que chacune possède toutes les informations pour faire un vrai choix !). Chaque histoire, chaque chemin est différent. C’est une histoire à 2 : le bébé et vous, des fois à 3 : avec le papa et parfois à plus quand l’entourage a des idées préconçues.

Cas n°2 : Je suis trop fatiguée 

En effet, il est possible que mon lait ne soit pas en quantité suffisante pour bébé. Je ne prends pas assez soin de moi, ou plutôt, mon entourage ne prend pas soin de moi. Je ne suis pas soutenue dans mon allaitement, en particulier si j’ai repris le travail. En encore, quand c’est juste un manque de soutien, nous sommes dans la situation « la moins pire » !

Il se peut aussi que vous soyez abreuvée des conseils avisés de votre voisine de palier, de votre boulangère, de votre pharmacien… et de votre cercle familial proche ; la plupart d’entre eux/elles n’ont jamais allaité ou partagé le quotidien d’une maman allaitante, mais « ils savent » :

  • tu vois bien que ça te fatigue, arrête ça tout de suite !
  • il pleure beaucoup ton bébé, t’es sûre que tu as assez de lait ?
  • il a mal au ventre ?  ton lait ne doit pas être très bon pour lui…

Alors, si on vous demande pour la n-ième fois si vous avez suffisamment de lait, cela ressemble à de la Pression Sociale pour Sevrer, souvent inconsciente ! Résistez et ne vous obligez pas à utiliser votre tire-lait pour savoir combien bébé prend de grammes (quand vous tirez 100 ml de lait, ne vous dites pas que bébé ne prend d’habitude que 100 ml, cela n’a rien à voir, bébé prend bien plus) ; n’analysez pas la qualité de votre lait à sa couleur et sa consistance. Le lait maternel varie en fonction des besoins de bébé. Il n’a pas la même composition le matin et le soir (d’ailleurs, adulte, nos besoins nutritionnels ne sont pas les mêmes le matin et le soir, non?), il n’est pas non plus le même entre un bébé d’une semaine et de 6 mois.

Je vous dit tout cela parce que je me suis posée toutes ces questions et qu’aujourd’hui, avec mes expériences de maman qui a allaité (longtemps) et mes compétences acquises auprès de spécialistes, je peux vous assurer que, oui, toutes les femmes (je le redis, à quelques très rares exceptions médicales près) peuvent allaiter, encore faut il qu’elles en aient envie ET que le contexte leur permette !

Alors, cherchez la bonne personne qui vous apportera soutien et écoute bienveillante, transmission de connaissances et réflexions alternatives !

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4 commentaires

    • Anne-Christine

      Bonjour Gabriel,
      heureusement, tout le monde n’entend pas ces réflexions. Je pense aussi qu’il peut s’agir d’une posture de la femme et du couple. Pour ma part, à partir du moment où je me suis sentie légitime dans mes choix, les commentaires se sont arrêtés… ou peut être que je ne les ai plus entendus ;))

  • Vie QuatreSixQuatre

    A tous ceux qui me disent que j’ai de la chance, je réponds en général que ça n’en est pas, que c’est un choix.
    Enfin, pour les casse-pieds, c’est ma réponse.

    Il y a aussi la méthode douce, pour les non casse-pieds qui sont juste un peu déprimés. « La chance est un oiseau qui passe sans bruit dans le dos d’un aveugle. » Lao-Tseu.

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