Accompagnement,  Grossesse

Et si je n’aimais pas mon enfant ?

Question taboue…

« Bien sûr tu vas aimer ton enfant. Evidemment ! quelle question ! ne t’inquiète pas. « 

Ces réponses se veulent rassurantes, bienveillantes. Elles sont en fait souvent culpabilisantes. La future mère est bouleversée par tout ce qui lui arrive : elle porte un petit être pendant 9 mois mais la rencontre « incarnée » sera à l’accouchement et beaucoup de questions se bousculent. Et si ce jour là, rien ne se passait ? S’il n’y avait pas le coup de foudre que tout le monde décrit ? Et si je n’aimais pas ce petit garçon, moi qui voulais tant une petite fille ? Et cette petite fille, moi qui rêvais d’avoir un petit gars ? Et s’il était « différent », est ce que je pourrais l’aimer quand même ? … Beaucoup de femmes se posent ces questions. Souvent de manière très fugace, presque inaperçue et elles les enfouissent au plus profond d’elles même. A qui confier ces doutes ? Bien sûr, quoiqu’il arrive, cela n’empêchera pas le maternage, l’allaitement, le portage, la tendresse, les câlins… mais s’il n’y avait pas cette sensation d’amour très particulière que l’on ressent dans le sternum ?

Alors, pour ressentir ce pincement si particulier, mettez toutes les chances de votre côté : il y a des situations plus propices que d’autres à l’éclosion de cet Amour…

L’Amour est une émotion subtile qui a besoin d’intimité pour naître et de sécurité pour s’épanouir. (Tiens, cela ne vous rappelle rien ?? Intimité, sécurité… les piliers de l’accouchement physiologique ? ). Comme toute émotion, l’amour est avant tout physiologique : elle a besoin d’un contexte particulier pour que les mécanismes neurologiques et hormonaux se mettent en marche. Cette émotion d’amour nourrit ensuite la sensation d’amour, qui elle est une élaboration affective et mentale.  Aussi, même si aimer son bébé parait normal, évident, il peut exister des interférences au moment de l’accouchement : la mémoire inconsciente de son propre accouchement s’active, des souvenirs d’abus peuvent resurgir, des peurs, la douleur, la colère, le sentiment de ne pas être respectée… Sans libération de ces émotions, votre énergie psychique est focalisée sur leur répression et ne laisse pas de place au bon développement de l’amour. Comment aimer quand je suis meurtrie dans mon corps et mon esprit ?

Dès la naissance, le peau à peau et le contact visuel mère-enfant sont primordiaux. Des études ont démontré que si bébé est en contact avec vous, sur votre ventre, pendant les 30 minutes qui suivent sa naissance, vos compétences de mère en terme de reconnaissances de cris et de pleurs sont améliorées. Si bébé reste seulement 5 minutes, ces compétences ne retrouvent leur niveau normal qu’au 3ème jour. Enfin, si bébé n’a pas été en contact avec vous, il vous faudra au moins 5 jours pour atteindre ce même niveau. L’attachement sera alors plus difficile. Mais rassurez vous, rien n’est jamais perdu, surtout pas l’amour ! L’amour peut naître à chaque instant, quelque soit l’âge.

L’Amour pour votre enfant sera plus simple si les conditions de sécurité et d’intimité sont réunies. Prenez soin de ces conditions avant l’accouchement et confiez les à quelqu’un en qui vous avez pleinement confiance le jour de l’accouchement !

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