Allaitement

L’allaitement est il un acte écologique ?

Au niveau familial et individuel, dans une recherche d’un mode de vie « durable », l’allaitement est la 1ère démarche qui peut être entreprise.

Le rôle parental est aujourd’hui discret sur le changement climatique, pourtant il est au coeur de nos actes quotidiens et de notre transmission à nos enfants. Le lait maternel est une ressource naturelle, renouvelable, durable. Tout pour être la première nourriture écologique !

Je vous propose dans cet article de partir à la recherche de données chiffrées et de quelques réflexions sur la seule alternative connue jusqu’ici à l’allaitement : le biberon et ce qu’on y met dedans. Sans aucune culpabilité. J’ai aussi utilisé ces produits pour Fille Aînée, faute de soutien dans mon allaitement, faute d’informations et de prises de conscience. Alors, ceci n’est pas du prosélytisme : juste des chiffres pour faire réfléchir.

Par conviction, je ne les appellerai pas « laits maternisés », car ce terme engendre la confusion entre le lait maternel et ce produit, résultat d’un processus de transformation de lait de vache (même si de plus en plus de laits infantiles utilisent aussi d’autres laits comme celui de chèvre ou de brebis). Le principe consiste à transformer du lait liquide en poudre, pour y ajouter de l’eau pour le re-transformer en liquide. Quand on voit le processus comme ça, il y a déjà quelque chose qui cloche, non ? Continuons…

Empreinte Terre

L‘ensemble du processus de fabrication du lait industriel est très polluant. Son empreinte sur notre planète est important : production du lait, fabrication industrielle, transport, préparation et produits associés (boites de conserves, caisses pour emballage, biberons et tétines en plastique, étiquettes, produits imprimés pour la commercialisation et la distribution, stérilisateurs…). Tout ceci a des impacts indirects tels que la disparition de forêts, de zones humides, de la biodiversité, la baisse des nappes phréatiques…

Si les femmes en Inde n’allaitaient pas, cela nécessiterait 135 millions de vaches laitières… et elles occuperaient presque la moitié du pays ! De quoi réfléchir sur l’empreinte d’un biberon sur notre planète.

Empreinte Matérielle

La production mondiale de lait en poudre pour bébé est de 60 kilos par seconde soit 1,9 million de tonnes de lait en poudre par an. Une boite correspondant à environ 800g, je vous laisse faire le calcul… de mon côté, ma calculette a explosé !!!

Rien qu’aux Etats Unis, le traitement, l’emballage et le transport de préparation pour nourrissons consomme 32 millions de kw d’énergie, auxquels s’ajoute quelques 550 millions de tonnes de boites, 86 000 de tonnes de métal et 364 000 tonnes de papiers.

Boites de lait, biberons, tétines nécessitent pour leur fabrication carton, verre, caoutchouc, métal, plastique… et se retrouvent dans les incinérateurs, dans des décharges à ciel ouvert…

Un détail qui peut paraître bien dérisoire mais qui a un grand impact écologique : l’allaitement retarde le cycle menstruel des femmes d’en moyenne 14 mois (moyenne mondiale, pas en France !). Ainsi, les mères utilisent moins de serviettes hygiénique et de tampons, déchets non recyclables.

Empreinte Eau

L’empreinte Eau correspond au volume d’eau douce utilisée pour les biens et les services produit par une activité ou utilisée par un individu. Fabriquer de la poudre de lait est très consommateur d’eau : il faut environ 940 litres d’eau pour produire un kilo de lait entier liquide et 1 kilo de lait donne 200 grammes de lait en poudre. Il faut donc 4700 litres d’eau pour fabriquer un kilo de lait en poudre ! oui, vous avez bien lu !

Cela comprend les cultures de soja pour nourrir le bétail, la culture des palmiers à huile qui entrent dans la composition du lait, le nettoyage et l’entretien des fermes accueillant le bétail… tout cela fait partie de la production des poudres infantiles.

A cela s’ajoute la préparation d’un biberon en elle même : 1l d’eau par jour + 2 litres pour faire bouillir biberon et tétines, laver et rincer… mais finalement, ce n’est pas grand chose au regard de la quantité d’eau utilisée en amont !

Empreinte Carbone

Il existe environ une cinquantaine d’usines de transformation dans le monde, concentrées essentiellement en Irlande et Nouvelle Zélande. Je n’ai pas trouvé de données chiffrées sur le carburant et l’énergie nécessaire au transport des milliards de boites de lait en poudre mais je  vous laisse imaginer.

Pour la fabrication, le lait de vache est traité thermiquement, nécessitant des températures très élevées et donc une combustion importante (pollution atmosphérique et ressources naturelles). Pour la consommation, on estime que l’alimentation artificielle d’un enfant consomme 73 kg de bois (ou l’équivalent énergétique) par an (pour faire bouillir biberons et tétines et chauffer l’eau).

Au final, 1 kg de lait en poudre correspond à 21.8 kg équivalent CO2 de GES (Gaz à effet de serre). Pour celles qui, comme moi, n’ont pas vraiment de notion d’équivalent co2, cela correspond à la production de 36 kg de papier ou à 8 jours de chauffage au gaz pour un 3 pièces. Juste pour un kilo de poudre !

A contrario, le lait maternel est déjà prêt (aucune transformation nécessaire), sans emballage et sans déchet, sans aucune nécessité de le compléter, il ne consomme pas d’eau ni d’énergie électrique. Pas d’empreinte écologique. C’est une nourriture directement du producteur au consommateur 😉 Il diminue la prévalence des maladies, et donc l’utilisation de médicaments. Il est totalement écologique, constitue une ressource naturelle, et il est en outre un facteur de régulation démographique.

Le lait industriel est donc un gaspillage de ressources naturelles. C’est en connaissant les impacts de ce que nous utilisons au quotidien que nous pouvons, petit à petit essayer d’en réduire les conséquences. Notre vie est faite de compromis. Faisons-les en conscience ! 

« (…) s’il ne modifie pas profondément sa façon d’agir, l’homme risque d’aller vers la catastrophe. Le premier biberon réchauffé, c’est la première contribution de chaque bébé à la pollution de l’atmosphère. » Nicole Petit-Maire. Spécialiste en paléoclimatologie. Présidente du Comité National Français de l’Union Internationale pour la Recherche sur le Quaternaire, 2000. 

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